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Thérèse Forget
est née dans une famille bourgeoise de
Montréal. Âgée de 19 ans, elle
épouse Pierre Casgrain qui sera
député fédéral de 1917
à 1941. En dépit de sa vie familiale
active, elle s'implique dans la vie sociale et
politique du pays dès les débuts des
années 20. Membre fondateur du Comité
provincial pour le suffrage des femmes
(suffragettes) en 1921, elle fait inlassablement
campagne pour les droits sociaux, politiques et
économiques des femmes. Toutes ses batailles
ont marqué profondément le mouvement
féministe au Québec.
En 1926, elle fonde la Ligue
de la jeunesse féminine, elle participe
à la fondation de la
Fédération des uvres de
charité canadienne-française et met
sur pied la Société des concerts
symphoniques de Montréal. En 1928, elle
mène de difficiles luttes contre le
clergé et l'élite politique de
l'époque, sous la gouverne de Henri
Bourassa, pour des droits juridiques des femmes et
pour l'obtention du droit de vote des femmes aux
élections provinciales. Ce dernier objectif
se concrétise en 1940 avec l'arrivée
au pouvoir du gouvernement libéral
d'Adélard Godbout. Durant les années
1930, elle devient journaliste et anime sur les
ondes de Radio-Canada l'émission
Fémina. Au cours de la Seconde Guerre
mondiale, elle est une des deux présidentes
du comité de surveillance de la Commission
des prix et du commerce. En 1942, elle se prononce
contre la conscription et se porte candidate
libérale indépendante aux
élections fédérales. En 1946,
elle adhère au C.C.F. (ancêtre du
Nouveau Parti Démocratique), plus proche de
ses idéaux politiques. Elle devient
présidente de l'aile
québécoise de ce parti et se
présente plusieurs fois candidate aux
élections provinciales sans se faire
élire. Dans les années 1950, elle
participe aux rencontres internationales des partis
socialistes et lutte aux côtés
d'intellectuels et de syndicalistes contre le
gouvernement de Maurice Duplessis. En 1962, elle
devient présidente de la Voix des femmes,
mouvement qui s'objecte à la propagation des
armes nucléaires, et en 1966, elle fonde la
Fédération des femmes du
Québec. Elle participe à
l'organisation de l'aide aux victimes de la guerre
du Viêt-nam et elle est nommée
à trois reprises présidente de la
Ligue des droits de l'homme.
En 1970, elle est
nommée membre du Sénat canadien, mais
elle doit prendre sa retraite l'année
suivante puisqu'elle est âgée de 75
ans. Elle continue cependant le combat pour la
promotion des droits des Amérindiennes, pour
l'abolition de la retraite obligatoire à 65
ans et pour l'amélioration du sort des
personnes du troisième âge. Titulaire
de 11 doctorats honorifiques, du titre de Grande
Montréalaise en 1980 et de nombreuses
décorations prestigieuses,
Thérèse Casgrain, militante
canadienne du siècle, s'éteint
à 85 ans, le 3 novembre 1981. En 1982, le
gouvernement du Canada crée le prix
Thérèse-Casgrain pour souligner et
prolonger l'uvre de cette éminente
Canadienne dans le temps. En 1985, la
Société canadienne des postes
émet un timbre en son honneur pour
commémorer la clôture de la
Décennie pour la femme proclamée par
les Nations Unies.
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